Une journée de "stimulation intense" avec Judit (EC 3ème session mai 2009 - Asso EHM - 2eme partie)

Je reprends les termes utilisés par le journaliste dans l'article paru mardi dans le Nice-Matin.

Encore une fois, les mots n'ont pas été parfaitement choisis et vont nous desservir mais ne crachons pas dans la soupe, l'article n'était pas mal du tout (vous pouvez le lire ici et je l'ai mis en lien aussi dans la revue de presse) et je profite de ce billet pour remercier toutes les personnes qui nous ont témoigné leur soutien.

 

Alors comment ca se passe une journée avec la conductrice ?

 

Avant toute chose, il faut comprendre une chose : un conducteur est un enseignant spécialisé dans la prise en charge d'un enfant IMC. Il est formé pour, mais son but est d'enseigner, pas de soigner. Tout comme un enseignant de maternelle va apprendre à un enfant à se servir de son corps (il n'y a pas que des activités intellectuelles en petite section), un conducteur va apprendre à sa classe "différente", à utiliser son corps. Et ce, dans le but de leur permettre de s'intégrer dans un milieu ordinaire (pour reprendre les termes de Judit, si c'est pour les placer tout le temps dans des structures spéciales handicapés, leur travail n'a pas de sens).

 

Ensuite, concernant le pot, la marche, etc. Oui, nos enfants n'ont pas les compétences. Mais prenons le problème différemment : un enfant ne sait pas compter; quand il est en classe, meme si ca serait plus simple pour lui d'utiliser une calculatrice, son enseignant va cependant lui demander de "compter à la main" puisqu'il est là pour lui apprendre.

Alors c'est vrai, nos enfants ont peut-etre besoin d'appareillage pour les soulager mais quand ils sont en classe, ils apprennent sans, mais avec le soutien de leur parent (qui les accompagnent dans leurs gestes) .

 

 

Mais revenons à nos moutons :

 

Chaque conducteur mène sa classe comme il l'entend (tout comme chaque enseignant), il y a donc quelques nuances avec les journées telles que les préparaient les autres conducteurs que nous avons eu le plaisir de rencontrer.

Avec Judit, il n'y a pas le "bonjour" en chanson. Les enfants arrivent en classe à 9h, tout débute par le massage pour les mettre en condition, puis une séance au pot.

Ensuite, tout monde se dirige vers les tables pour que commence le travail assis.

 

Une routine de travail se met en place : on dit bonjour, on fait la météo (excellent support pour apprendre les jours de la semaine et se repérer dans le temps, beaucoup d'enseignant de maternelle l'utilise), un peu de lecture sur le livre (on a appris les couleurs pendant les quinze jours où on été là), qui est l'occasion aussi de manipuler l'objet, de pointer, de compter, de regarder, etc..., un peu d'orthoponie (on essaye de dire des mots, des syllabes, on apprend à souffler, on fait des bulles). Chaque séquence d'activité est courte, quelques minutes tout au plus, on essaie, l'enfant est encourager et si ca ne fonctionne pas, on réessaiera demain, on n'insiste pas jusqu'à ce qu'il réussisse. Judit a un talent fou pour voir dans chaque geste ou tentative de l'enfant du positif et le féliciter dans ce sens.

 

Avec tout ça, il est déja 10 h, le temps de passer au programme allongé, sur les tables. C'est l'occasion pour l'enfant de mobiliser tout son corps (pour poursuivre la comparaison avec la maternelle, ca correspondrait au temps consacré au parcours de motricité). On fait des roulades, on joue avec ses mains, on joue avec la lumière (allongé sur le ventre, on plie les bras, on fait silence puis quand la lumière se rallume, on relève la tête, on tend les bras), puis avec le ballon (se repérer dans l'espace, désigner), le tout sur un mode ludique et en chanson (les comptines sont là pour accompagner le geste, pour initier le mouvement).

Puis on redescend des tables et c'est "debout" qu'on écoute la conductrice faire le bilan de la première partie de la matinée et féliciter les enfants pour leur travail.

 

Puis on va au pot (il est déja 10h45) et il y a un petit quart-d'heure de "temps libre" où les enfants peuvent jouer sans directive, assis.

A onze heure, retour au calme, elle raconte une histoire, ou les initie à des concepts..

Onze heure un quart : c'est le temps du travail sur le tapis, une nouvelle fois on roule, on rampe, on se balance, on fait tomber les feuilles des arbres (pour travailler ses reflexes parachutes), on utilse ses mains.

Une demi-heure après, Guillaume, qui est le plus jeune, va déja s'asseoir (en marchant) pour attendre le repas, quand ses camarades de classe consacre le dernier quart d'heure à un travail plus spécifique en fonction de leur besoins (en général, activité debout). Puis, après un petit tour sur le pot, tout le monde se retrouve autour de la table, on se lavec les mains et on déjeune ensemble, sur le mode "actif", en tenant sa cuillère.

Ouf ! la matinée est déja terminée ! Que ca passe vite !

 

L'après-midi, Guillaume est trop "jeune" (il doit encore faire sa  longue sieste) et l'essentiel de ce dont il a besoin pour le moment a été vu le matin, donc il en est dispensé (c'est qu'il ne faudrait pas le "sur-stimuler" non plus). Les activités de l'après-midi sont plus orienté sur le plan intellectuel, la motricité fine et la préparation à l'école (on écoute l'histoire et on travaille sur le thème évoqué - dessins, couleur, manipulation, graphie, etc...). Le tout, de quinze heures à seize heure trente.

 

Tout la journée, on insiste les enfants à participer, à parler, d'ailleurs Guillaume s'est piqué au jeu le dernier jour car au moment de lancer le ballon, Judit compte "un.... deux...." et Bouchon s'est fendu d'un "OUAHH...."

 

Alors, sincèrement, vous trouvez qu'on les "maltraite" ces enfants ?

 

 

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