Où l'on change de crèmerie

Certains trouveront que l'on est un peu maso, mais hier nous avons eu un ultime rendez-vous avec la NP du Camsp.

 

Ce fut l'occasion pour nous d'exprimer tous nos griefs concernant la prise en charge de l'enfant et l'accompagnement des parents ...

 

Alors oui, ils sont tout à fait prêts à ce remettre en question, mais nous sommes un peu spéciaux et un peu exigeants (et un peu enquiquinants car avec nous, le rv n'est jamais expédié en 15 min), aussi, toutes nos rêquetes (à savoir :

  • expliquer ce que l'on fait,
  • pourquoi on le fait,
  • faire des bilans réguliers,
  • faire participer les parents à la prise en charge,
  • les accompagner et les conseiller dans la prise en charge au quotidien,
  • permettre aux parents de rencontrer toute l'équipe qui s'occupe de l'enfant au cours d'une réunion,
  • etc...)  

sortent vraiment de l'ordinaire et nous sommes les seuls parents à en réclamer autant, les autres familles se satisfaisants parfaitement des prestations du CAMSP.

 

Et de conclure (en résumant et en reformulant), que, de toutes façons, si on n'est pas contents, on n'a qu'à changer de crèmerie (ce qui n'est pas faux non plus).

 

 

Mais je trouve ça quand même un peu dommage, cette façon de faire, qui évite, malgré ce qu'ils affirment, de se remettre en question, les problèmes évoqués par les parents qui osent sont étiquetés comme des requêtes ahurissantes, et les parents qui ne disent rien étant considérés comme pleinement satisfaits de l'offre proposée... C'est certain que comme ça, on va avancer...

 

Certes, on est "libre" (enfin, si on veut...) d'aller voir ailleurs, mais néammoins, le CAMSP a à mes yeux une mission de Service Public, d'autant que c'est premier organisme vers lequel on est orienté... Je le redis encore, leur façon d'agir crée une franche différence entre les familles qui ont les moyens (financiers, intellectuels mais aussi le réseau social adéquat) et les autres...

 

 

Sinon, on a aussi évoqué le fait que l'on trouve vraiment dommage, puisque nous avons fait le choix d'une thérapie alternative par le biais de l'Education Conductive, que ceci ne soit pas intégré au "projet de vie" de Guillaume par l'équipe thérapeutique qui est scensée l'encadrer. Qu'ils soient d'accord ou non, c'est tout de même notre enfant, nous prenons des décisions et ils ne peuvent pas faire comme si les 15 jours où il part en session d'EC n'existent pas, ne pas vouloir en entendre parler... Car ca fait aussi partie de sa vie désormais...

 

Enfin, il vaut mieux laisser tomber...

 

 

 

Une dernière chose : on nous a aussi servi le discours habituel en France, à savoir que chaque enfant à un plateau qu'il ne pourra pas dépasser et que tout ce qu'il acquiert c'est parce qu'il en avait les compétences. Les "méthodes", il y en a des tas, mais aucune ne permettra à l'enfant de dépasser ce "plateau", à la limite permettront-elles de l'atteindre plus vite.

Une bonne solution pour les soignants français d 'éviter de regarder en face leurs échecs et aussi pour dire aux parents que tous les efforts sont vains.


Quoiqu'il en soit et s'ils ont raison, je reprendrais l'avis de la Tata de Guillaume : même si c'est vrai, cette histoire de plateau, il est malgré mieux, pour le confort de l'enfant ET des parents que ce plateau (ce maximum d'autonomie donc) soit atteint le plus vite possible.

 

 

Si je dois bousculer les choses pour que Guillaume tienne correctement assis à 4 ans au lieu de 20, ca sera quand mem plus facile au quotidien pour tout le monde, non ?

 

 

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Commentaires: 3
  • #1

    lo (mardi, 26 mai 2009 23:37)

    Lina , pour moi il y a un exemple tout simple qui fait s'écrouler leur théorie de "plateau",c'est celui de la T21 ,les jeunes adultes d'aujourdh'ui n'ont rien à voir avec ceux d'il y a 50 ans ! Et c'est quand même grace à l'évolution des prises en charge (et même si souvent elles ne sont toujours pas suffisantes...)Il y avait beaucoup de personnes trisomiques non verbales alors qu'actuellement c'est rare et de plus en plus sauront lire ....

  • #2

    La maman de Guillaume (mardi, 26 mai 2009 23:41)

    Je suis TOUT A FAIT d'accord avec toi... De toutes facons, depuis que les parents "prennent" en charge leurs enfants, les handicaps mentaux aussi ont évoluer...

    Mais non, on est bête, c'est que les T21 et les handicapés mentaux d'il y a trente ans sont moins "intelligents" que ceux d'aujourd'hui (peut etre parce qu'on mange mieux ????)

  • #3

    sylvia72 (mercredi, 27 mai 2009 16:43)

    Tu sais je crois que c'est un problème "français", et qui s'applique à tout... Etre moyen, jamais brillant. A l'école, je généralise je sais, mais souvent les profs "rabaissent" je trouve, au lieu d'encourager. j'ai fait une partie de mes études aux US et quelle différence (même si là on tombe dnas l'excès inverse mais qui donne plus confiance aux enfants et étudiants). Ou du style "si t'es pas bon en math tu ne feras rien". Bon j'exagère mais il y a fond de cela dans la mentalité française je trouve malheureusement.

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